Pas seulement des chiffres : lors d’un concert iranien à Paris, les noms des victimes de la guerre sont lus à voix haute
Article publié en mandarin par l’Agence centrale de presse de Taïwan (CNA). Traduction française fournie à titre de référence, uniquement pour échange avec les personnes interviewées.Version originale : cliquez ici.
Faire passer les victimes de la guerre du statut de « chiffre » à celui de « nom ». Soutenu par Amnesty International, le concert solidaire « Pour l’Iran », organisé pour collecter des fonds, s’est tenu récemment à Paris pour rendre hommage aux victimes de la guerre et venir en aide aux personnes exilées. Dans la salle du concert étaient exposées des centaines de photos de civils morts à cause de la guerre, et une vidéo a été réalisée pour énoncer leurs noms un par un, provoquant des sanglots ininterrompus parmi les spectateurs.
Selon Libération, au 12 mars, la guerre entre les États-Unis et l’Iran avait déjà causé 1 900 morts. Parmi eux, plus de 1 200 étaient des civils iraniens, dont environ 200 enfants, et 335 autres morts n’ont pas encore pu être identifiés comme civils ou militaires. Le nombre de morts au Liban dépasse 600, tandis qu’en Israël, plus de 10 civils ont perdu la vie.
Afin de rendre hommage aux victimes de la guerre et d’aider les personnes exilées, l’association humanitaire parisienne Panâh, avec le soutien et l’aide d’Amnesty International, de RFI et de TSF Jazz, a organisé le 15 mars au New Morning, une salle de jazz parisienne de longue date, le concert de collecte de fonds « Pour l'Iran ». L’événement a réuni 20 musiciens et artistes et a attiré plus de 500 spectateurs.
La conceptrice du concert, la réalisatrice dont les films ont été présentés au Festival de Cannes, Sepideh Farsi, a déclaré lors d’un entretien qu’il s’agissait d’un concert aux côtés du peuple iranien, visant à commémorer les civils iraniens morts à cause du régime iranien et de la guerre.
Farsi, qui a été emprisonnée en Iran pour avoir résisté au régime, vit en exil en France depuis 1984 et est aujourd’hui une artiste engagée iranienne emblématique en France. Elle explique que le cinéma et l’écriture sont ses armes non violentes, et qu’elle espère, à travers ce concert, prouver au public que « nous pouvons résister de différentes manières, car ni les balles ni les bombes ne peuvent apporter la démocratie ».
Farsi a souligné que le sous-titre du concert était « un par un », et que les noms des victimes seraient lus un à un, afin de transmettre l’attention et la sollicitude par l’art.
Sur place, un mur était couvert de centaines de photos de victimes. Après l’ouverture, un court film de seulement 5 minutes a été projeté, énonçant sans interruption les noms de près de 200 victimes, provoquant des sanglots ininterrompus parmi les spectateurs. Les artistes et spectateurs présents ce jour-là étaient pour la plupart des Iraniens exilés en France et dans d’autres pays d’Europe, mais aussi des personnes venues du Liban, de Syrie, de Tunisie, de Suisse, des États-Unis et de France.
Le concert, d’une durée d’environ 5 heures, mêlait jazz, musique persane traditionnelle, rap, récitation de poésie, ainsi que les témoignages de personnes ayant vécu la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
La chanteuse syrienne Lynn Adib a rendu hommage, avec une berceuse, aux mères iraniennes ayant perdu leurs enfants et dansant auprès du cercueil. La musicienne iranienne Sogol Mirzaei, accompagnée du târ traditionnel, a fait chanter doucement ensemble le public sur scène et dans la salle, dans une scène émouvante.
Les recettes du concert de collecte de fonds « Pour l'Iran » seront reversées à l’association humanitaire organisatrice Panâh, afin d’aider les Iraniens récemment contraints à l’exil à cause de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.