Pulvériser ensemble : quarante graffeuses parisiennes illuminent un centre d’hébergement
Article publié en mandarin par l’Agence centrale de presse de Taïwan (CNA). Traduction française fournie à titre de référence, uniquement pour échange avec les personnes interviewées. Version originale : cliquez ici.
Que les couleurs relancent la vie. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, quarante artistes graffeuses parisiennes ont collaboré avec un centre d’hébergement d’urgence pour recouvrir tout un pan de mur d’enceinte de couleurs vives, et ont peint avec les résidents le mot « ensemble ». Le centre d’hébergement espère que cet événement donnera de la force aux résidents et les encouragera à s’exprimer.
Situé dans le 20e arrondissement, à l’est de Paris, le centre d’hébergement d’urgence « Cristino Garcia » a été créé en octobre 2025. Il offre actuellement 63 places d’hébergement, occupées principalement par de jeunes femmes, mais aussi par quelques jeunes hommes, et est géré par l’organisation de protection sociale Emmaüs Solidarité.
Parce qu’il jouxte un établissement scolaire, le centre d’hébergement est séparé par une palissade en bois d’environ quarante mètres de long et deux mètres cinquante de haut, qui sert de mur d’enceinte. Afin d’améliorer une atmosphère jugée trop austère, pendant la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, plus de quarante artistes graffeuses sont venues, munies de bombes de peinture, de couleurs et de pinceaux, pour déployer leurs couleurs et leur imagination sur cette palissade et insuffler un nouveau souffle au centre.
Louyz, artiste et organisatrice de l’événement, déclare lors d’un entretien qu’elles viennent d’un collectif féminin de street art et de graffiti, « Les Bombaspheres » . Toutes les artistes présentes participent sur une base volontaire, sans aucune sélection : quiconque veut venir est la bienvenue.
Louyz explique que, lorsqu’elles préparaient l’événement avec le centre, elles se sont rendu compte que les jeunes résidents désiraient eux aussi créer. Elles ont donc organisé des ateliers pour les résidents et les habitants du voisinage, afin de pulvériser ensemble le mot « ensemble ». Elle dit : « Ce mot convient très bien à la Journée des femmes, parce que nous sommes réunis. »
En utilisant la technique du trompe-l’œil, Louyz peint un tigre sur le mur à l’entrée du centre. Elle dit qu’elle aime faire entrer dans la réalité des choses qui n’existent pas : « Ce mur est complètement différent avant et après la peinture, je suis très contente. Le gris sombre et monotone d’avant a été remplacé par des couleurs éclatantes ; avec seulement quelques bombes de peinture, on peut y arriver, c’est vraiment magique. »
L’artiste Nea peint la silhouette de dos d’une femme assise sur une branche, le regard tourné vers un paysage serein de montagnes et de forêts. Elle explique qu’elle souhaite que cette figure représente les résidentes de ce lieu, et que la branche sur laquelle elle est assise dans le dessin est inspirée des traverses mêmes de la palissade en bois.
L’artiste Akelo peint un marin âgé et un petit chien-loup. Elle explique que cette œuvre s’intitule « Le Chant du loup de mer » et qu’elle dépeint la solitude et l’amour. Elle dit : « Même si la Journée des femmes est centrée sur les femmes, s’il n’y avait pas d’hommes dans ce monde, nous, les femmes, finirions par nous ennuyer. Pour un marin, il y a toujours une épouse qui l’attend, travaillant dur à la maison. »
L’artiste waterflocolors utilise des bombes de peinture et des pochoirs faits maison pour pulvériser de nombreuses feuilles à quatre lobes, semblables au trèfle porte-bonheur de Taïwan. Elle explique qu’en France il s’agit de feuilles d’hibiscus, mais que pour elle cela symbolise tout autant la chance. Elle a l’habitude d’exprimer la métamorphose des femmes à travers la peinture de fleurs.
La représentante du centre, Sophie Lascombe, directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarité, déclare que le centre d’hébergement d’urgence fait partie de la vie urbaine, qu’il est un lieu citoyen, et qu’y vivent un groupe de jeunes femmes et de jeunes hommes qui se préparent à exercer leurs droits en France.
Lascombe ajoute qu’elle espère que cette palissade colorée apportera de l’espoir aux jeunes résidents, leur donnera de la force et les encouragera à s’exprimer. Elle invite aussi tout le monde à entrer ici pour comprendre la mission du centre d’hébergement d’urgence, écouter la voix des résidents et apprendre à les connaître.