Les bovins français absents pour la première fois du Salon de l’agriculture en raison d’une maladie contagieuse, l’industrie du cuir également touchée

Article publié en mandarin par l’Agence centrale de presse de Taïwan (CNA). Traduction française fournie à titre de référence, uniquement pour échange avec les personnes interviewées. Version originale : cliquez ici.

L’an dernier, la France a connu une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse bovine hautement contagieuse, qui a durement frappé la filière bovine. Lors de la 62e édition du Salon international de l’agriculture de Paris, qui s’est tenue récemment, aucun bovin n’a été présenté pour la première fois, par mesure de précaution. Le nombre de visiteurs a diminué de près de 30 % par rapport à l’an dernier, et les professionnels concernés, tels que la fédération du cuir et des peaux brutes, ont eux aussi été affectés.


Le Monde rapporte qu’entre juin et décembre 2025, plus d’une centaine de foyers de Dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) ont été recensés dans le sud et l’est de la France. Cette maladie ne se transmet pas à l’être humain, mais elle est hautement contagieuse entre bovins et se propage principalement par des insectes hématophages. Les bovins infectés présentent des symptômes tels que de la fièvre, une baisse de la production laitière, ainsi que des nodules sur la peau et les muqueuses.

Après la mise en œuvre d’un abattage systématique et de la vaccination, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré le 20 février de cette année sur la chaîne franceinfo qu’« il n’y a plus de nouveaux cas sur le territoire français ».

Cependant, au Salon international de l’agriculture de Paris , organisé du 21 février au 1er mars et considéré comme un grand rendez-vous de l’agriculture française, les différentes instances d’élevage et de sélection bovine ont décidé cette année, au nom du principe de précaution et en signe de soutien aux éleveurs sinistrés, de ne pas présenter de bovins. C’est la première absence des « bovins vedettes », centre d’attention du public, depuis la création du salon il y a 62 éditions, ce qui a suscité des débats.

Le Parisien rapporte que cette édition du Salon de l’agriculture a attiré environ 430 000 visiteurs, soit une baisse d’environ 27,9 % par rapport aux 600 000 visiteurs de 2025. Les organisateurs soulignent que le public français accorde traditionnellement une grande importance à la filière bovine et à sa valeur culturelle.

Lénaïg Manéat, représentante de la Fédération française du cuir et de la peau (FFCP), a déclaré dans un entretien : « Il faut comprendre qu’en France, une vache est presque entièrement valorisée, et qu’elle acquiert différentes valeurs à travers la chaîne de production. »

Manéat explique que, de manière générale, environ 50 % d’une vache entrent à l’abattoir pour être transformés en viande, tandis que les 50 % restants sont convertis en divers sous-produits, comme le cuir, l’industrie pharmaceutique, ou encore, après traitement, en énergie et en combustibles de substitution pour le ciment.

Manéat indique que le Salon de l’agriculture de Paris est crucial pour les professionnels français du cuir et des peaux brutes : ce n’est pas seulement une vitrine permettant de présenter au public les produits en cuir, c’est aussi une occasion d’échanger directement avec les éleveurs bovins, afin de souligner qu’un élevage de qualité permet de produire des peaux brutes bovines de qualité, lesquelles deviennent, après le tannage, un cuir de haute qualité. Elle souligne que les peaux brutes bovines françaises jouissent d’une renommée internationale.

Manéat déclare que l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse bovine a provoqué la disparition de nombreux troupeaux et constitue une tragédie. Non seulement la filière bovine est confrontée à des difficultés, mais la pénurie de matières premières a déjà eu des répercussions sur l’industrie française du cuir et des peaux brutes.

Selon les données sectorielles publiées en février par l’organisme national agricole et halieutique français FranceAgriMer, la France restait en 2024 le premier producteur européen de viande bovine et le deuxième producteur européen de produits laitiers. Au début de cette année, environ 2 millions de bovins avaient déjà été vaccinés en France.

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